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lundi 18 avril 2011

Aide au développement et banque privée : deux secteurs ayant tout intérêt à coopérer


Une opportunité pour pour le Grand-Duché de Luxembourg

  
Le Luxembourg, leader dans l’aide au développement
L’action humanitaire luxembourgeoise évolue à l’intérieur d’un cadre politique très favorable, étant donné que le Grand-Duché s’est fixé des objectifs ambitieux, qui le situe d’emblée au niveau des premiers contributeurs mondiaux, et même dans le club très fermé des pays qui ont franchi le cap de 1% de leur RNB (revenu national brut) versé au soutien des pays en développement !

Pour mémoire, alors que les Objectifs du Millénaire (MDG = Millenium Development Goals) ont fixé un taux de 0,70 % du RNB dédié à l’aide au développement, la plupart des pays industrialisés n’en sont qu’aux environs de 0,50 %.

Avec une aide publique au développement de 1,09 % du RNB, le Luxembourg fait partie des cinq pays qui ont continué à dépasser l’objectif de 0,7 % fixé par les Nations unies et se situe en 1re position des Etats membres de l’Union européenne et en 2e position derrière la Norvège (1,1 %)

Le Luxembourg, centre de services bancaires de premier choix
Sur un tout autre volet, le Luxembourg héberge un secteur bancaire florissant, autour de deux principaux pôles : la domiciliation et administration de fonds d’investissement et la gestion de fortune (autrement appelée « private banking »). Sur ce dernier marché, la place de Luxembourg se positionne au 8ème rang mondial et au 2ème rang européen derrière la Suisse.

La médiatisation grandissante des problématiques de nature sociale et environnementale à l’échelle de la planète, avec notamment le sujet du changement climatique ou encore les catastrophes humanitaires telles que le Darfour, les guerres en Irak, le Pakistan, … ou plus récemment le Japon, ont largement contribué à sensibiliser les opinions publiques à l’urgence de mieux réfléchir sur notre avenir commun.

Il réapparaît aujourd’hui un phénomène assez similaire à celui du début du 20ème siècle, marqué par de grandes fortunes saisies d’un élan philanthropique (Carnegie, Rockefeller …). Celles-ci sont prêtes à consacrer une partie relativement sensible de leur patrimoine à la cause humanitaire. Les figures emblématiques sont bien évidemment Bill Gates et Warren Buffet. Ont suivi dans cette voie d’autres fortunes de moindre ampleur, mais tout aussi méritantes, sur un peu tous les continents. Elles se montrent généreuses pour des causes aussi diverses que le mécénat artistique, le soutien à la réinsertion professionnelle de jeunes en difficulté et bien sur la cause humanitaire, principalement dans les pays en développement. Cette population de donateurs se compose pour l’essentiel de HNWI – High Net Worth Individuals. Plus que le don tel qu’il est communément imaginé (sommes comprises entre quelques centaines et quelques milliers d’€), nous entendons ici des actes de donation qui par leur ampleur exigent la sélection préalable d’un projet-cible. Celui-ci est généralement apporté par une organisation caritative ou une structure de bienfaisance. Parfois il est même créé sur mesure, à l’image de ce que le donateur en attend.

Bâtir un concept de plateforme
De plus en plus, les banques axées sur une stratégie de gestion de patrimoine, tentent d’intégrer dans leur univers de service offerts à la clientèle privée, une assistance dans cette démarche philanthropique. Ainsi, certaines d’entre elles ont monté des cellules spécifiquement dédiées à ce type de clientèle, comprenant non seulement des experts en fiscalité et montage de société, mais aussi en mesure d’introduire le client auprès d’organisations caritatives.

Comme cela se comprend, la philanthropie bien conseillée et gérée s’apparente largement à une démarche d’investissement, à la seule différence que le client n’en attend généralement pas une rémunération en retour (financial return) … mais plutôt une performance sociale (social return).

Cependant, le donateur avisé est intéressé à réduire au maximum le flux net de capitaux sortants de son patrimoine, en tirant profit au maximum de la fiscalité en vigueur. C’est pourquoi le service en philanthropie relève d’une prestation de haut niveau, faisant parfois appel à des montages juridiques complexes, lorsqu’il s’agit de créer une fondation, un fonds d’investissement, voire une ONG.

Comment détecter et évaluer la motivation d’un client ? Comment trouver le projet qui passionnera vraiment un donateur ? Comment organiser un suivi adéquat du projet ?

C’est en ce sens qu’il convient d’étudier les gisements de synergie possibles entre acteur de l’aide au développement et banquiers privés, dans un objectif gagnant pour les deux parties :

- du côté bancaire : disposer d’une offre de projets suffisamment diversifiée et de bonne qualité (i.e. gérés de façon rigoureuse), afin de servir des clients généreux mais exigeants.

- du côté des organisations de bienfaisance : intensifier la collecte de fonds, notamment par des dons de montant élevé et des donateurs inscrivant généralement leur action dans une perspective à moyen-long terme.

Il semble exister ici une niche à ne pas négliger, pour la construction au Grand-Duché, d’un pôle de compétence fort en finance socialement responsable allant de pair avec l’engagement du pays dans le développement.


Pour information :
http://www.mae.lu/ (site de la Coopération luxembourgeoise)

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